VARANASI, VILLE SAINTE DE L’HINDOUISME.

Varanasi, une des villes les plus anciennes du monde. Ici, peu de monuments, la ville en elle-même est très sale, déroutante, mais nous retrouvons une ambiance à nulle autre pareille…

Nous arrivons depuis Bangkok à l’aéroport de Varanasi : Lal Bahadur Shastri, celui-ci est situé à 22 km de la ville. Nous nous dirigeons directement vers le guichet d’information touristique où nous demandons une carte de la ville et quelques renseignements. Il nous conseille de comparer les prix entre un taxi prépayé et un taxi que nous pouvons trouver dehors, dès la sortie. Cependant, nous cherchons également  à retirer de l’argent, il y a un seul distributeur sur l’allée principale du hall d’entrée, qui bien sûr ne fonctionnait pas, puis un bureau de change avec aucun taux indiqué. Pas évident, on vous l’accorde. Faites attention de ne pas sortir de l’aéroport avant que toutes vos démarches soient terminées, car l’armée empêche de retourner dans l’enceinte une fois sorti. Du coup, pour notre part après quelques négociations avec un militaire, Adam a pu retourner dans le hall et surtout échanger  quelques bhats, en se faisant évidemment avoir sur les frais de commission, 1000 roupies pour sa poche, nous voilà face à la première arnaque…

Une fois sorti nous négocions un taxi pour 600 roupies indiennes (comptez environ entre 500 et 800 rps), et nous voilà partis à la découverte de Varanasi. Le taxi nous dépose devant notre hostel, sacs déposés nous partons à la recherche d’une banque. Et là encore il faut faire attention, les distributeurs ne fonctionnent pas comme les notre, il faut d’abord insérer la carte puis la retirer pour accéder au menu. Certains retraits disposent de frais bancaires de 200 roupies, d’autres non. Pareillement, pour pouvoir acquérir une carte sim locale, cela n’est pas si simple, il faut qu’une personne locale vous invite et se porte garant. Notre hôte est venu nous accompagné à la boutique Vodafone avec sa carte indiquant l’adresse et numéro de téléphone de l’établissement. Munissez vous également de votre passeport et d’une photographie d’identité. Nous avons pris un forfait de 80 jours à 745 roupies, soit 200 roupies pour la carte sim et 1,5 Giga par jour. Cela dit, votre carte sera active dans les 3 jours à venir, et non dans l’immédiat. ( Nous comprendrons plus tard que la encore nous nous sommes fait avoir, la carte sim est gratuite, et la personne qui s’est occupée de nous n’a pas rempli notre dossier correctement, nous avons eu internet une semaine après.)

Pour les hindous, Varanasi est une ville sainte où ils viennent souvent en pèlerinage pour voir le Gange et se purifier; ou bien encore pour accompagner un proche lors de son dernier voyage…

 

LE GANGE.

 

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Le Gange est le plus sacré des fleuves de l’Inde, car pendant longtemps un mythe circulait autour de celui-ci, lui attribuant alors une pureté légendaire. C’est vrai que lorsque que nous nous retrouvons face à ce fleuve, nous sommes assez perplexe devant la pollution de ce lieu et de cette attribution de Gange à tour faire. Les pèlerins doivent se baigner en cinq endroits différents, et chaque matin, le rite pour atteindre l’état de pureté et la moksha (délivrance) est immuable. ( prononcer le mantra sacré, s’immerger complètement trois fois de suite et boire une gorgée d’eau du Gange dans sa main.

La ballade dans les ghâts est un véritable coup de coeur à la fois pour le paysage coloré qui s’offre à nous mais également pour le calme qui y règne. Aucun bruit, juste les chants des musiques hindous accompagneront votre escapade… Il est souvent incontournable de faire la ballade en barque dans le Gange soit au lever ou au coucher du soleil, apportant une autre dimension à ce paysage magnétique. Mais cela n’est pas toujours évident de tomber sur un tarif raisonnable, du coup nous l’avons pas fait, et cela restera sûrement un regret.

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Derrière le Gange, vous tomberez sur le quartier du Chowk longeant les ghâts, à l’allure d’un labyrinthe. Laissez-vous alors envoûter dans ses ruelles, si étroites que la circulation des voitures et des charrettes y est impossible, n’y passent que les deux-roues, si coriaces. Le jour, le Chowk est aussi un des marchés les plus riches et variés qui soient.

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Le soir, il y a également plusieurs cérémonies sur le Gange, accompagné de chant hindou. Ces cérémonies réunissent énormément d’hindous, ce fût un véritable plaisir de se mélanger au sein de la population, et d’observer cette célébration.

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MOURIR A VARANASI.

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Il faut savoir que tout hindou qui meurt à Varanasi a l’assurance de voir son âme monter au ciel, puis d’y rester et ainsi se libérer des cycles de réincarnations. C’est pour cela que Varanasi acquiert le surnom de ville de la mort, et que mourir ici est le plus beau cadeau de la vie. C’est pourquoi aux bords du Gange, nous apercevons de nombreuses personnes âgées, attendant leur fin prochaine.

Le rapport des hindous avec la ou les morts est complètement différent de ce que nous connaissons et pour notre part, c’est à la fois fascinant et bouleversant… Tellement loin de notre réalité que ça surprend énormément, et pas juste la première fois. Les crémations se font donc devant tout le monde…

 

LES CRÉMATIONS.

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Seuls deux ghâts sont dévolus aux crémations, le plus important étant le Manikarnika Ghât, près duquel se trouve le puits sacré de Shiva où beaucoup de personnes y jettent des tonnes de fruits, de fleurs.. L’autre est le Harishchandra Ghât où trône le crématorium électrique. C’est le lieu d’incinération des plus pauvres, réservés aux familles qui n’ont pas les moyens d’acheter du bois.

Avant de continuer plus en détails l’explication des crémations, vous devez savoir qu’il est formellement interdit de prendre des photos ! Cela est un manque de respect, et peut énerver fortement les locaux.

La crémation pour les hindous permettrait la libération de l’âme et la crémation à Varanasi même, permettrait comme je l’évoquais ci dessus, de se libérer du cycle des réincarnations et d’accéder directement au Summum.

De nombreuses familles portent ainsi la dépouille de leur proche vers les eaux du Gange et c’est chose commune ici que de croiser un cortège accompagnant un corps sur un brancard de bambou se rendant vers le fleuve sacré. Rendus au bord de l’eau, ils lavent dans un premier temps le corps du défunt, puis l’envelopperont dans des linceuls de couleurs or, jaune ou rouge et le couvriront de fleurs et de décorations. Tout est très coloré. Et ces étapes sont à la fois touchantes et captivantes.

Ensuite, le corps est installé sur le bûcher et seulement un membre de la famille (souvent l’aîné) allumera celui-ci en en tournant cinq fois autour, avant de s’éloigner de la scène. A noté les différentes couleurs des linceuls, rouges pour les femmes, blanc pour les hommes, et jaune doré pour les vieillards. Les cendres sont ensuite confiées (et non jetées) à l’eau sacré du Gange, après que les âmes des morts ont rejoint le ciel.

Ce sont les hommes qui se chargeront de la majorité des crémations, car les femmes sont tenues à l’écart. Contrôlant moins leurs émotions, elles assistent de loin à la cérémonie pour éviter de verser des larmes qui pourraient être lourdes de conséquences pour le défunt. Incroyable ! En effet, les larmes sont rares et à éviter, pouvant retenir l’âme du décédé sur terre et retarder alors sa libération ce qui n’est évidemment pas souhaitable chez les hindous.

Tous les hindous n’ont pas besoin de la crémation pour libérer leur âme. Les corps des sadhus, des femmes enceintes, des nouveaux nés, des enfants de moins de 10 ans, de même que les corps de ceux décédés des suites de la lèpre ou de la variole ou encore mordus par un serpent sont jetés directement dans le fleuve puisqu’ils seraient déjà « purifiés ».

Personnellement, l’arrivée sur Manikarnika Ghât est vraiment indescriptible. Ici, on dit que le feu ne s’est jamais arrêté depuis plusieurs milliers d’années…  Bien que totalement troublés, nous avons trouvé tout ce processus à la fois d’une grande sensibilité par cette beauté d’unification, mais aussi par une grande complexité, tellement éloigné de nos moeurs. C’est pourquoi, nous nous sentons vraiment privilégiés d’avoir pu assister à un moment pareil, totalement immergé au coeur de cette religion.

 

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Varanasi est une révélation, une ville inspirée et inspirante. Un premier pas au coeur de l’hindouïsme, avec une immersion de nouveau palpitante entre klaxons, vaches et désordres.  Mais au bord du gange, c’est un sentiment d’éternité, de paisibilité et de tendresse qui s’empare alors de nous…

 

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