PHONSAVAN, ET SA MYSTÉRIEUSE PLAINE DES JARRES.

La province montagneuse de Xieng Khouang, très éprouvée par les bombardements américains dans les années 60, a subi d’importantes modifications de sa population. Son ancienne capitale Xieng Khouang a été totalement détruite et remplacée alors par la  ville nouvelle de Phonsavan, peuplée de minorités Thaï et Hmong. Phonsavan, est une ville sans charme particulier, et très peu touristique, servant d’appui pour visiter la mystérieuse Plaine des Jarres, ou bien aussi passer au Vietnam par la frontière Nam Khan.

IMG_20190620_114003_1.jpg

Nous avons rejoins Phonsavan, depuis Luang Prabang avec un mini van, la route est assez sinueuse, et nous nous rendons compte que les laotiens ont l’estomac vraiment sensible.

IMG_20190620_141615.jpg

IMG_20190620_142848.jpg

IMG_20190620_143914.jpg

 

LES RAVAGES DE LA GUERRE.

IMG_20190620_151259.jpg

Une des raisons de se rendre à Phonsavan est son passé très chaotique concernant la guerre. Le Laos fut le pays le plus bombardé de l’histoire par habitant. Le sol regorge encore de ces munitions, environ 270 millions encore non désamorcées, faisant toujours des victimes chaque semaine parmi les agriculteurs, ouvriers et encore les enfants. Selon une estimation, la Plaine des Jarres contiendrait encore 80 millions de bombes à fragmentation non désamorcées. Un véritable fléau pour cette région, rongée par son passé.

 

LE MYSTERE DE LA PLAINE DES JARRES.

IMG_20190620_122929.jpg

Être sur un lieu encore jamais élucidé, apporte à la fois un sentiment d’excitation et curiosité et rend aussi l’exploration totalement unique. Les jarres sont ces nombreux récipients en pierre que vous apercevrez tout au long de votre escapade au coeur de la plaine. Elles sont de forme cylindrique et de taille variable. On ne les a pas datées avec précisions, mais on suppose que leur origine remonte au Ier s. av. J-C. Toutes les hypothèses ont été émises pour expliquer leur fabrication, et leur utilité, même des plus farfelues. Une légende locale prétend que les jarres auraient été non pas creusées mais moulées à partir d’un mélange de pierre écrasée, de canne à sucre et de peau de buffle. Elles auraient été ensuite cuites dans une grotte, située dans l’un des sites dont la voûte est percée d’une sorte de cheminée.

Tout le mystère réside également dont le fait que les jarres seraient construites en grès, une pierre que ne l’on trouve pas à proximité des sites. On en compte plusieurs centaines, leur poids varie de 500 kilos à 6 tonnes, oui rien que cela ! Ces dernières pouvant abriter 6 hommes. La plupart des jarres furent détruites par les bombardements américains, ou bien pillées.

En ce qui concerne leur fonction, l’hypothèse la plus probable serait une utilité funéraire. La plupart des sites où sont présentes les jarres sont des grosses buttes. Or, nous savons que les hommes des civilisations mégalithiques enterraient leurs morts dans des tumulus. Par ailleurs, d’après plusieurs expertises les jarres seraient fermées à la manière d’un sarcophage. Une première théorie raconte que les corps sans vie étaient brûlés à l’intérieur de la grotte puis, tout ce qui ne brûlait pas (ossements, bijoux, offrandes…) était déposé dans les jarres. La seconde théorie raconte que les corps étaient directement déposés à l’intérieur de celles-ci. Toutefois, il ne s’agit que d’hypothèses car ce mystère là est loin d’être élucidé.

 

LA PETITE MINUTE SENSIBLE.

Comme je l’ai mentionnée tout en haute de l’article, lors de la guerre du Vietnam, afin de couper un axe stratégique, les Américains ont violemment bombardé le Laos (qui lui n’avait rien à voir avec cette guerre). Ainsi, le Laos a reçu à lui seul plus de bombes qu’il n’en a été larguées pendant le Seconde Guerre Mondiale, soit une mission de bombardement toutes les 8 minutes 24h/24h pendant 9 ans ! Cette image est non seulement hallucinante mais aussi alarmante.

Concrètement cela représente 260 millions de bombes. Triste record, mais le pire est ailleurs. Il s’agissait de bombe à fragmentation (soit une grosse bombe contenant plusieurs centaines de petites bombes). On estime à 30% le nombre de bombes n’ayant donc pas explosé.

Des victimes sont dénombrées tous les jours et les plus chanceux s’en sortent avec de graves séquelles (40% des accidents se produisent sur les enfants). Cela explique également pourquoi le pays est aussi pauvre. Les Laotiens ne peuvent pas subvenir à leurs besoins alimentaires, car ils ne peuvent pas travailler leur terre.

Il y a donc différentes organisations qui s’occupent de sensibiliser la population au sujet des bombes, afin d’éviter des drames. Le soucis principal étant que les gens essayent d’ouvrir les bombes pour revendre le métal qui a une valeur marchande certaine.

IMG_20190620_131504.jpg

 

L’EXPLORATION.

Il existe de nombreux sites dans la région avec des jarres, mais seuls trois sont accessibles car entièrement déminés. (Site n°1, site n°2, et site n°3)

Le matin nous avons effectué une randonnée sur un site où quelques jarres étaient présentes malheureusement pour moi je n’ai plus en tête le nom de cet endroit. La randonnée a durée bien une grosse heure, sous l’humidité et une montée assez raide. Le point de vue arrivé au sommet en valait toutefois la peine.

IMG_20190620_110718.jpg

IMG_20190620_105526.jpg

IMG_20190620_101809.jpg

IMG_20190620_104955.jpg

Ensuite, nous avons visité uniquement le site n°1, « Ban Ang », c’est le site le plus vaste et le plus important, puisqu’on y dénombre 344 jarres. L’entrée coûte 15 000 kips par personne, incluant une petite navette qui vous accompagne un peu plus loin, à l’entrée du site. Nous avons également pu voir la fameuse jarre de 6t, située juste en haut de la plus grosse butte.

IMG_20190620_122228.jpg

IMG_20190620_125234.jpg

IMG_20190620_130420.jpg

IMG_20190620_122222.jpg

IMG_20190620_125917.jpg

IMG_20190620_125838.jpg

IMG_20190620_122414.jpg

IMG_20190620_130435.jpg

 

La plaine des jarres est en endroit rempli de mystère et de curiosité. Toutefois, peu de personnes viennent la visiter, et souvent elle fait débat de discussion sur le trajet envisagé par rapport à la découverte du Laos. Même si en soit, le lieu ne paraît pas si attrayant que cela, je trouve ça excitant d’être dans un endroit où le mystère plane à 100%. Nous nous sentons alors comme des chercheurs à essayer de trouver une raison valable. Et paradoxalement même pour l’histoire de la guerre du Vietnam et du massacre du Laos, cette région est intéressante à explorer et à comprendre. Puis la région de Phonsavan offre de joli paysage entre jungle, rizière et nature verdoyante.

Publicités